Le président donne le ton

By 14 février 2017Actualité

Dans mon métier, je coache plusieurs présidents de sociétés, de conseils d’administration, de collectivités d’associés, etc.

Je suis frappé par leur propre minimisation de la part essentielle qu’ils exercent dans l’instauration des relations : ils autorisent, ils limitent, ils encouragent et ils protègent avec leur propre style, leur propos, leur personnalité. Ils donnent le ton aux relations dans la collectivité humaine qu’ils président. Je constate qu’ils sont rarement conscients de l’influence de leur responsabilité dans cela, et dans ses effets. Ils la relativisent, mettent d’abord en jeu leur programme, leurs projets, les intérêts qu’ils ont la responsabilité de défendre. Le ton, le style de relation qu’ils modélisent leur semble auxiliaire.

C’est accessoire ? Je suis conscient du lien avec le choix de la présidente ou du président auquel les citoyens du pays seront bientôt appelés. Le président donne le ton, voyons cela de plus prés.

  • Comment le président accueille les avis différents ?
  • Quelle place fait-il au fait majoritaire ?
  • Comment reconnaît-il les avis minoritaires ?
  • Quelle considération a t-il pour la liberté d’expression ?
  • Comment se comporte t-il dans les zones grises ?
  • Comment assure t-il la netteté dans ses prises de positions sans disqualifier les positions des autres ?
  • Comment s’y prend-il pour faire endosser une décision et la faire réussir, pour aider ceux qui exprimaient des avis minoritaires avant la prise de décision ?
  • Est-il acceptable d’être en difficulté ou de faire part de ses doutes ?
  • Se sent-on encouragé dans ses initiatives face au président ?
  • Ses demandes sont-elles claires et assumées ou est-ce des « petit peu » ?
  • Quelle place fait-il à l’écoute dans les échanges ?
  • De quelle façon accepte t-il d’être confronté par une position divergente ou contestataire ?
  • Est-il possible de parler de ce qui est douteux ou doit-on n’évoquer que ce qui est certain ?
  • Accepte t-il de mettre en jeu ses propres doutes ou questions, de quelle façon ?

De mon point de vue de coach et dans ma pratique, ces questions sont essentielles au moment du choix du président.

Elle-il préside. Son rôle est d’abord le style relationnel et la transmission d’une vision, et de faire vivre les institutions.

Son comportement face aux adversités révèle sa considération intime des relations au sein de la communauté humaine qu’il-elle est appelé-e à présider, au-delà du programme ou des détails techniques. Quels sont ses mots, ses réflexes et ses actes face à une situation inédite ?

Au moment du choix,  je crois plutôt favorable qu’elle-il soit exposé-e à des adversités et des réactions inédites. On voit alors la femme, l’homme, qui donnera le ton.