Le mot posture est devenu fréquent

Dans le langage usuel, il désigne une position ferme tenue par principe. Dans la parole politique ou les médias, il est volontiers utilisé pour dénoncer un excès : une attitude de pose idéologique trop figée*.
Entre coachs, il s’agit d’autre chose : un terme technique pour parler de notre mission dans la relation d’aide en entreprise. Cette « posture » du coach interpelle favorablement nos interlocuteurs sans question sur sa signification professionnelle. Ils aiment souvent le mot et l’utilisent pour désigner une attitude, un comportement. Je vois le risque d’une commodité de langage insatisfaisante. Puisque nous sommes des professionnels de la posture, allons plus loin…

Jusqu’à une vingtaine d’années, la posture signifiait une position du corps.

Le mot n’était employé dans la langue usuelle que pour désigner une attitude corporelle, emprunté à l’italien du XIV ème siècle « postura », lui-même dérivé du latin  « positura », position, disposition, ou plus tôt de « positum », placer, poser*. Même si la langue littéraire l’avait déjà utilisé sous forme de métaphore pour dire une disposition d’esprit*. Il était depuis utilisé pour dire la situation morale d’être « en mauvaise posture », cependant pas pour parler généralement d’un état d’esprit.

La posture du coach est une disposition mentale de référence dans la relation d’aide

Dans notre mission de coach, la posture nomme précisément cela : une disposition d’esprit stable sur le fond de notre intention. Et même une disposition mentale de référence, de base et à tenir, quel que soit notre rôle dans la relation d’aide.

Une posture du coach pour différents rôles d’accompagnement

Car selon les situations et besoins de la personne ou de l’équipe accompagnée, notre rôle est multiple : écouter, guider, stimuler, encourager, proposer, transmettre, confronter, décoder. Un rôle différent selon la situation : rassurer et apaiser, ou au contraire signaler et alarmer. Ouvrir ou plutôt recentrer. Quel que soit le rôle approprié, notre posture est stable : notre extériorité est au service de l’intention du client, dans une relation confiante.

L’installation et le maintien de cette « posture » est le travail de plusieurs années, supervisées, confrontées, ajustées. Pour ne pas décider, ressentir, penser, faire ou choisir « à la place » du client. Elle exige un haut niveau de conscience pour mettre toutes nos ressources personnelles au service du client, sans censurer à priori notre rôle nécessaire – souvent paradoxal – tant qu’on maintien « la posture ».

A-posture

Lorsque la posture du coach est mal tenue, il ne s’agit pas d’imposture au sens courant de tromperie délibérée. Pour nous les coachs, il s’agit plutôt d’une « a-posture », d’une inconstance dans la disposition d’esprit, une pose mentale de référence mal tenue ou mal assumée, qui affaiblirait notre mission établie par contrat avec notre client.

Que retenir de la posture professionnelle du coach

C’est une disposition d’esprit constante dans la relation d’aide, quel que soit le rôle qu’il choisit d’exercer pour développer l’autonomie de son client. Cela vaut pour nos interventions en formation lorsque nous transmettons en position de coach.

* : Dictionnaire historique de la langue française, édition 2016 Le Robert.